Je vous fait partager un autre texte paru aujourd'hui au sujet des revendications des responsables de services de garde.
Citation:
Garderies: mauvaise philosophie d’affaires
Syndiquer les travailleuses des services de garde en milieu familial est une mauvaise idée. Non seulement les coûts pour financer tout le réseau des garderies à 7 $ exploseront, mais rien n’indique que les services offerts aux parents s’amélioreront. C’est pourtant là-dessus qu’on devrait investir des efforts.
Le vrai problème des garderies en milieu familial subventionnées par l’État québécois se trouve d’ailleurs là, dans la qualité du service à la clientèle. La philosophie d’affaires n’est pas assez orientée pour répondre aux besoins des parents-clients. On cherche plutôt à répondre aux besoins des propriétaires de ces garderies.
Remarquez la sémantique utilisée par les représentants syndicaux dans toute cette campagne de syndicalisation. Ils parlent sans arrêt de «responsables de services de garde en milieu familial». On imagine que c’est pour mieux faire passer dans l’opinion publique l’équité (salariale et en terme de conditions de travail) que ces travailleuses devraient bénéficier avec leurs collègues qui oeuvrent dans des centres de la petite enfance, les CPE.
Les dirigeants syndicaux devraient en fait parler de propriétaires de garderies. Ça collerait plus à la réalité. Ces femmes opèrent en effet dans leur maison de petite entreprise. Le gouvernement leur verse 35 $ par enfant par jour. Les parents 7 $. Autrement dit, l’État achète des places dans une entreprise privée.
Et ce statut d’entrepreneures ou de travailleuses autonomes leur confère des avantages fiscaux: déduction de leurs revenus d’une partie de leur loyer ou hypothèque, de leur frais d’électricité, de leur téléphone, de leur service internet, de leurs assurances, etc. Ce n’est pas négligeable.
Un des arguments les plus entendus en faveur de leur syndicalisation a trait aux vacances. Elles ne s’en font pas payer. Une situation injuste, plaide-t-on du côté des syndicats. Mais combien de travailleuses autonomes ou de propriétaires de PME se font payer des vacances? Ils se les offrent à même leurs revenus ou profits. Ainsi va la logique d’être en affaires!
Au fil des ans, Québec a multiplié les places à 7 $. Et puisqu’il est compliqué, long et très coûteux de construire des CPE, on a ouvert la vanne pour créer ces places dans des garderies en milieu familial. Des centaines de garderies en ont depuis profité.
C’était les conditions qui existaient lorsque ces femmes ont choisi d’ouvrir une garderie. Si elles veulent les mêmes conditions que leurs consoeurs dans les CPE, elles devraient aller y travailler. Ce sont deux mondes différents.
Les parents dont les enfants fréquentent des garderies subventionnées en milieu familial font les frais de cette lutte syndicale. En fermant leurs garderies à tour de rôle cette semaine pour faire pression sur le gouvernement, les propriétaires de ces garderies ne prouvent qu’une chose: elles ne travaillent pas pour leurs clients en leur compliquant ainsi la vie. Aucune vraie entreprise n’agirait de la sorte à l’endroit de sa clientèle. Ça défi toute logique d’entrepreneuriat!
Cette attitude vis-à-vis leurs clients découle d’une perversion du système causé par le fait que les CPE et les garderies en milieu familial subventionnées contrôlent les places subventionnées. Le prix de 7 $ est tellement alléchant pour les parents que la demande pour ces places dépassent largement l’offre. Une situation où le client n’en sort jamais gagnant.
Les «responsables de services de garde en milieu familial» se trouvent en position de force. Dans un tel contexte, pourquoi améliorer le service quand les clients cognent sans cesse à la porte pour inscrire leurs enfants?
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source:
http://blogues.cyberpresse.ca/voixde...eil_ECRAN2POS9