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YING YANG
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b) La dépendance infantile

S'il y a des parents dépendants affectivement de leurs enfants, la dépendance affective se vérifie beaucoup plus chez les enfants vis-à-vis de leurs parents. Dans un certain sens, tous les enfants sont des dépendants affectifs, et cela est normal. Sans l'affection de leurs parents, et une affection qui leur apporte la sécurité, l'équilibre et la joie de vivre, les enfants ne peuvent se développer d'une façon harmonieuse. Les enfants ont un besoin naturel, essentiel à leur croissance, d'être aimés et de se sentir aimés. Ils ont besoin d'être protégés, consolés lorsqu'ils souffrent, et sécurisés dans leurs peurs.

Il arrive assez souvent que des parents ne savent pas aimer leurs enfants, soit en usant envers eux d'une sévérité excessive, qui tue en eux la confiance et l'amour, soit en ne manifestant pas à tous la même affection, comblant les uns de tous leurs égards et en privant les autres. La nécessité même qui oblige de donner plus de soins à un enfant malade peut devenir l'occasion de négliger son frère ou sa soeur, qui enregistre le manque d'attention dont il est l'objet plus ou moins comme un rejet. Il est naturel que des enfants qui reçoivent constamment blâmes et reproches et jamais d'encouragement pensent qu'ils ne sont pas aimés de leurs parents, et que peut-être ils ne sont pas dignes d'être aimés par personne. Quelle qu'en soit la cause, la carence affective dont souffrent les enfants dès leurs plus tendres années en fait des candidats à la dépendance affective, qui leur fera rechercher plus tard de toutes sortes de manières, l'affection dont ils auront manqué. Cela peut se produire dans toutes les familles. Mais il est évident que les familles "dysfonctionnelles" offrent le milieu le plus favorable à la dépendance affective des enfants, qui subissent inévitablement dans leur activité le contrecoup de tout comportement excessif de leurs parents. On dit que l'insécurité de la maman affecte déjà l'enfant qu'elle porte. Si l'enfant naît dans un milieu familial perturbé, la peur et l'anxiété grandiront avec lui.

Les enfants qui ne se sentent pas vraiment aimés, bien que parfois ils puissent être comblés de gâteries, développent pour être aimés divers modes de survie, tant il est vrai que sans amour on ne peut avoir le goût de vivre. Au fond d'eux-mêmes, ils cherchent désespérément la forme d'affection à la fois tendre et virile, apte à les sécuriser, à les pacifier et à les valoriser. Privés de l'affection paisible, ferme, sûre, dont ils ont besoin, sans pouvoir l'exprimer, ils s'estiment sans valeur, indignes de toute considération et ce sentiment peut engendrer en eux la honte d'exister. Rien n'est plus douloureux pour un enfant que de se sentir indigne, coupable d'exister, que d'avoir honte de lui-même. Ce sentiment est une sorte de mort intérieure, beaucoup plus triste et pénible que la mort physique.

Pour échapper aux étreintes de cette mort de l'âme, pour vivre, pour récupérer, en termes d'affection, la valeur dont ils s'estiment privés, certains enfants se donneront tout entiers à ce qu'ils entreprendront et deviendront perfectionnistes. De tout ce qu'ils font, jamais rien n'est assez bien, assez parfait à leurs yeux. Certes, l'effort surhumain qu'ils déploient pour être appréciés et véritablement aimés, obtient des résultats, mais pas ceux escomptés. car, pour peu que leurs excès sont encouragés, ils ne sont jamais satisfaits d'eux-mêmes, à la poursuite d'une perfection extérieure toujours plus élevée, pratiquement inatteignable. D'où épuisement des forces, découragement, dépression et souvent régression, c'est-à-dire incapacité de faire aisément les choses faciles. Leur carence affective devenue une dépendance affective, les a engagés dans une voie de démesure, où tout devient compliqué, exténuant.

D'autres enfants, ne se sentant pas aimés, subissant peut-être mépris et rejet, développeront en eux des sentiments de colère. Ils en veulent à leurs parents, non sans raison, s'ils ont été, par exemple, victimes d'abus, de violence, ou traités injustement par rapport à leurs frères et soeurs. Alors, être rebelles, faire des mauvais coups, c'est leur manière d'attirer l'attention, et de compenser leur souffrance intérieure née de leur carence affective. Ce sont de petits être blessés, qui blessent à leur tour leurs parents et se révoltent contre toute autorité, perçue comme source d'injustice et de souffrance. Plus tard, après que les manifestations infantiles de leur rébellion seront calmées, ces enfants seront des dépendants affectifs. Leur besoin d'affection qui n'aura jamais été satisfait explosera dans une recherche aveugle d'amour de la part de personnes qui, dépendantes elles-mêmes, ne sauront pas les aimer vraiment.

D'autres enfants, mal aimés, s'isolent dans leur monde intérieur où ils entendent se mettre à l'abri des heurts et des blessures dont ils auront déjà trop souffert. La peur de souffrir davantage du manque d'affection les pousse à fuir le monde extérieur. Ils s'enferment en eux-mêmes, se refusent à s'ouvrir aux autres ; ils disent ne pas avoir confiance en personne. Dans cette voie apparemment sans issue, bien que cela paraisse paradoxal, ils cherchent l'affection, une affection vraie. C'est la peur de ne pas être aimés qui inspire leur isolement et s'apprête à en faire des mésadaptés.

Pour d'autres, leur carence affective les amènera à attirer sur eux l'attention et des soins particuliers, par le biais de malaises, apparaissant comme des maladies, surtout d'ordre digestif. Il n'y a pas de doute que l'insécurité affective à laquelle sont soumis des enfants extrêmement sensibles puisse les rendre physiquement malades. Pour les guérir, il faudra découvrir la cause cachée de leurs maladies.

Par ailleurs, des enfants plus costauds, souffrant de carence affective, attireront sur eux l'attention par un comportement tout à fait opposé à celui de la faiblesse et de la maladie : ce sera par une exubérance affectée, par la bouffonnerie. Ils joueront le personnage du bouffon pour être écoutés, considérés, estimés. C'est un personnage qui voile à la fois leur souffrance et leur soif d'affection, et qui est comme une distortion de leur vraie personnalité.

Je me suis attardé à décrire différentes manifestations de la dépendance affective chez les enfants, parce qu'elles sont à l'origine des troubles affectifs plus graves des adolescents et des adultes. Si on n'y prête aucune attention au stade de l'enfance, la dépendance affective ne peut que s'aggraver de plus en plus et devenir une maladie de l'âme qui rend la vie insuppportable. Pour découvrir les causes lointaines de la dépendance affective des adultes, on ne pourra jamais se dispenser de remonter à l'enfance.


Je demande que tout les enfants petits et grands sur terre vivent dans un monde où règne la paix globale , où l'amour inconditionnelle dans toute sa splendeur éclate de beauté.
Je demande que tout les enfants sur terre mangent à leur faim avec des aliments sains pour le corps et l'esprit.Auteure inconnue
   
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