Le 13 juin 2012, le gouvernement québécois a adopté la loi 56, visant à prévenir et à combattre l'intimidation et la violence à l'école. Le projet de loi est devenu réalité : les écoles publiques et privées doivent désormais se munir d'un plan d'action contre la violence et l'intimidation, en plus d'un code de conduite. Il reste à savoir comment tout cela s’appliquera dans la réalité scolaire et budgétaire de tous les jours, puisque la rentrée scolaire doit se faire avec cette volonté commune d’éliminer la violence et l’intimidation à l’école.
Quel est le profil de l’enfant intimidateur?
Quand on pense à l’intimidation, on fait généralement référence à la relation malsaine entre un bourreau et sa victime, et ça se traduit généralement par un déséquilibre de pouvoir, par l’intention de faire du mal ou par une menace d’agression.
Une étude sur la violence en milieu scolaire, datant de 2004 divise les élèves en 4 groupes : les paisibles qui n’adoptent pas de comportements violents et qui en sont peu victimes, les victimes, qui sont victimes de comportements violents mais en adoptent peu, les intimidateurs, qui adoptent des comportements violents mais qui en sont peu victimes, et les turbulents, qui adoptent des comportements violents et en sont victimes.
Voici l’histoire d’un petit garçon, devenu, à l’insu de ses parents, un intimidateur. Lorsqu’Éloi a eu 8 ans, ses parents se sont séparés et il est allé vivre avec sa mère et ses deux sœurs. Ça ne s’est pas bien passé dans sa nouvelle école. Dès son arrivée, comme il avait un peu de retard à rattraper, les autres élèves se moquaient de lui. Ses difficultés scolaires se sont poursuivies jusqu’en 5e année et ses problèmes avec les autres enfants ont continué : « Je me sentais seul, personne ne voulait être avec moi. On m’appelait le monstre poilu à cause de mes cheveux… ». Éloi garde son secret au plus profond de lui, honteux. En 5e année, les choses se bousculent et Éloi devient violent. L’enfant timide et tranquille est devenu la terreur de sa classe : « Au début, confie sa mère, je croyais qu’Éloi était encore victime d’intimidation, jusqu’à ce que son enseignante me dise que ceux qui l’avaient persécuté avaient quitté l’école. C’était lui, l’agresseur ! » Il a fallu que l'école intervienne pour aider Éloi à gérer sa colère, parce qu’il était vraiment sur une mauvaise pente.
Comment savoir si notre enfant est un intimidateur?
Si on soupçonne que notre enfant est un intimidateur, il importe que les mesures pour contrer son comportement émanent à la fois de la famille et de l’école.
Statistiquement, c’est vers la 3e secondaire, autour de 14 ans, quand on est un garçon, qu’on peut devenir un intimidateur et ce, même si on a déjà été victime d’intimidation par le passé. Selon une enquête, 15 % des enfants ont dit avoir commis des actes d'intimidation au moins deux fois durant le semestre. Les 2 % de ces enfants avoir commis des actes d'intimidation une fois par semaine ou plus.
Les études démontrent que si le jeune intimidateur n’est pas aidé, devenu adulte, il pourrait faire du harcèlement en milieu de travail ou de la violence conjugale dans ses relations amoureuses. Les jeunes intimidateurs ne savent pas comment régler leurs conflits personnels et leurs frustrations de manière socialisée. Ils ont besoin d’aide pour changer leur mode de communication avec les autres, avant que ce dernier ne s’enracine.
http://www.yoopa.ca/education/articl...n-intimidateur
http://www.sq.gouv.qc.ca/adolescents...idation-sq.jsp