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Indomptable
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18/03/2010, 13:49
Un objet peut devenir éducatif par l'usage que l'on en fait. Un chaudron peut devenir un tambour, un casque de soldat ou une chaise. Les jouets ni sont ni mauvais ni bon en soi. S'ils l'étaient, on pourrait aussi bannir les Barbies, trop stéréotypées, les dinosaures carnivores ou les déguisements de chevalier ou de policier, toujours prêts à utiliser la force. Les jouets sont avant tout des objets permettant à l'enfant de se projeter, d'exprimer ce qu'il ressent ou souhaite à travers un personnage, un animal, une fantaisie. L'épée de carton, le fusil construit de blocs ou la baguette magique servent à faire semblant de combattre, de tuer ou de transformer quelque chose dans un monde imaginaire.
C'est l'adulte qui confond le jouet et l'arme réelle, celle des grands, celle qui tue dans la réalité. C'est prêter aux tout petits une intention hostile que d'interdire ces jouets parce qu'ils sont destructeurs. L'enfant d'âge préscolaire navigue de la réalité à son monde imaginaire personnel. Il passera d'un sentiment de toute-puissance, revêtu de la cape de Batman, à un sentiment d'impuissance, lorsqu'il devra marcher dans la neige, vêtu de ses lourdes bottes et de son habit de neige encombrant.
.Le jeu combatif offre la possibilité à l'enfant d'exprimer des émotions fortes, de pratiquer le contrôle de soi, en modulant et en refrénant ses gestes, et de négocier des rôles. Dans l'imagination de l'enfant, le jeu combatif prend forme dans le "faire semblant". Ceux qui y participent crient, courent, simulent la colère, se bousculent parfois, mais le plaisir est au rendez-vous. En revanche, les conduits agressives sont pour leur part sous-tendues par des sentiments réels : frustrations ou colère, par exemple. Dans le feu de l'action, les bataillent dégénèrent parfois; les enfants s'excitent et éprouvent de la difficulté à freiner leurs élans moteurs.L'éducatrice doit alors arrêter le jeu et faire prendre conscience aux enfants que ce n'est plus un jeu amusant quand l'un d'entre eux se blesse. C'est un vrai bobo, on ne fait plus semblant. C'est une belle occasion pour pratiquer la modulation de l'agressivité, le contrôle du geste. Ainsi, on pourra proposer aux chevaliers, trop excités à bannir les dragons du royaume, de pratiquer l'escrime devant le mur sans le toucher. Et on les invitera par la suite à reprendre le jeu en contrôlant leur épée.
Étonnament, interdire un jeu combatif peut en fait l'encourager. Le fait de jouer avec l'enfant l'aide à rediriger son jeu, à exprimer ses sentiment de façon symbolique et ainsi à développer sa capacité à contrôler ses conduites agressives.
Si tu accepte les jeux de guerre et les jeux combatifs ou de héros, ou que tu y participie, tu reconnait le besoin des enfants de maitriser leur monde. tu pourrait alors leur proposer des solutions de rechange, leur apprendre à s'autocontrôler, enrichier leur jeu créatif et agir à l'occasion en tant que médiatrice.Tu met alors à leur disposition du matériel et un espace favorisant la liberté du jeu et leur sécurité.
Tu doit aussi prendre en conscience de tes inquiétudes, de tes résistances face au jeu vigoureux des enfants et, surtout, replacer ces gestes enfantins dans le contexte du développement de l'enfant. Ce dernier joue, il ne fait pas la guerre. Il n'est pas conscient de la triste réalité des conflits armés entre adultes. Il vit intensément au coeur de son monde intérieur et fantaisiste.
Curieuse
Dernière modification par curieuse 18/03/2010 à 13:55.
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